Edward Bernays

mai 21, 2009

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Edward_Bernays

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« Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande d’Adolf Hitler, aurait déclaré un jour que la plupart de ses idées sur l’art et la manière de manipuler l’opinion publique lui étaient venues en observant les pratiques publicitaires des Américains et les effets d’une « science », nouvelle à l’époque : les relations publiques.

De nos jours, l’univers des relations publiques dont dispose l’empire financier qui régit le monde, donne un air bien rudimentaire aux méthodes de Goebbels. La précision des technologies de communication et de maîtrise des images, un siècle de recherche en matière de psychologie et de connaissance de la sensibilité émotive humaine, la centralisation sans précédent des instruments de contrôle, tout cela combiné nous a conduits à un point où « générer le consensus » est devenu un automatisme. »Michael Hasty, journaliste américain et ancien de la CIA.

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Edward Bernays, neveu méconnu de Sigmund Freud.

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Edward Louis Bernays (22 novembre 1891 – 9 mars 1995) fut identifié par le magazine Life comme « l’un des personnages les plus influents du XXème siècle« .. En effet, son extraordinaire influence est même aujourd’hui difficilement concevable, tant son oeuvre imprègne les différents standards de vie actuels, le fameux Status Quo dont parlait Hasty, qui se révèle plus profond que jamais.

Edward Bernays, véritable théoricien de l’étouffement de la démocratie par l’assouvissement des pulsions consuméristes des individus. Double neveu de Freud, Bernays su exploiter les avancées apportées par son oncle ainsi que le rayonnement scientifique de ce dernier dans le domaine de la connaissance de l’irrationnalité, à des fins économiques idéologiques et politiques. Ainsi, les travaux de Freud furent utilisés afin de soumettre les individus plutôt que de les libérer, les transformant en consommateurs serviles.

Son ouvrage le plus célèbre, Propaganda (1928), vient d’être traduit en français et traite des techniques de manipulation de l’opinion publique expérimentées par l’auteur. Ce dernier, tenu pour le père des relations publiques aux États-Unis, considère aussi la propagande comme le fondement de la seule démocratie possible à l’échelle d’une société de masse.

Edward Bernays est né en 1891 à Vienne et il est mort en 1995 à Boston. 103 années d’une vie fructueuse. Une vie consacrée à l’une des tâches majeures de notre siècle : pervertir les democraties pour faire plier les volontés des masses aux desseins des élites, en toute non-violence.

Sa discrétion dans notre paysage culturel actuel est inversement proportionnelle à l’ampleur de sa tâche. Même dans les agences de publicité ou dans les services de relations publiques, son nom est presque inconnu, tout du moins en France. Il faut dire qu’il était un fervent partisan d’une « gouvernance de l’ombre » et ses écrits ne tarissent pas sur ce sujet. « créer du besoin, du désir et créer du dégoût pour tout ce qui est vieux et démodé » fut un de ses leitmotiv. « Fabriquer du consentement », « cristalliser les opinions publiques » furent les titres de 2 de ses oeuvres écrites (une quinzaine en tout). « Dompter cette grande bête hagarde qui s’appelle le peuple ; qui ne veut ni ne peut se mêler des affaires publiques et à laquelle il faut fournir une illusion » en furent d’autres.

Entre 1920 et 1950, il est amusant de décèler la trace de Bernays dans, entre autres, l’explosion de l’automobile (déclarant la guerre au chemin de fer sous l’impulsion de General Motors), le projet d’exposition Futurama de New York avec la promotion d’une agriculture fortement industrialisée avec gros apport d’engrais (industrie chimique), l’utilisation du féminisme à des fins marketing (nottement l’affaire des cigaretiers qui désiraient lever le tabou de la femme fumeuse dans l’idée d’étendre leur marché), les campagnes de promotion du fluor pour la dentition, y compris la fluoration de l’eau courante (commandé par la Compagnie d’aluminium ALCOA), la promotion du petit déjeuner américain « eggs and bacon » en mettant sur pied un comité de médecins qui vont prôner les valeurs d’un fort apport calorique au lever (enterrant les habitudes plutôt frugales des américains, au souhait de l’industrie carnée), etc, etc..

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Les « Tampons »

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Les tampons naissent dans les bureaux de relations publiques. Le tampon est une façon de faire accepter à la population un concept ou une idée allant à l’encontre de ses intérêts, irrecevable, ou dégoûtante. Le tampon est utilisé afin de vendre un produit à ce même public, qu’il s’agisse d’un objet, d’une politique, d’un comportement, ou d’un personnage public.

Le consultant en relations publiques qui fait bien son travail trouvera toutes sortes de façons de faire courir son tampon dans toutes les strates de la société. C’est Bernays, qui a inventé le placement de produit, mais d’abord et avant tout, il a inventé le placement de tampons.

Lorsqu’une émission de tivi reprend de façon parodique le tampon «tchiquetchik » de la campagne d’une célèbre carte de crédit, elle contribue, non pas à détruire cette campagne, mais à la galvaniser. À ce stade, le spectateur aura reçu le tampon directement dans la pub télé, visuellement dans son journal, sur la rue, sur les panneaux publicitaires et dans son lit par la bouche d’un ou d’une partenaire de bisous.

Bien vite, on entend partout sur la rue, dans les endroits publics ou dans les soupers de famille, l’expression «tchiquetchik», utilisée à divers degrés (premier degré par les gens âgés «cools », second par les jeunes branchés révoltés qui récitent la parodie, troisième par les intellectuels cyniques qui se moquent des deux autres groupes, etc). Peu importe, pour que fonctionne le tampon, il suffit qu’il soit repris. Il importe de savoir que les groupes de relations publiques, et ce dès les débuts du cinéma, ont cherché sciemment à placer leurs tampons dans les répliques dites à l’écran par les personnages du film. Souvent, ce phénomène n’était même pas rémunéré. Bernays et ses potes ont réussi à faire intégrer d’innombrables scènes de « cigarette » dans les films hollywoodiens, avec l’idée de faire accepter le produit au public, les hommes croyant la cigarette l’apanage des mauviettes (par opposition au cigare), et les femmes trouvant vulgaire de fumer en public.
Les médias vont adopter et glisser constamment les tampons dans leurs textes. Éventuellement, le tampon sera repris par le public de façon inconsciente, et répété à l’intérieur même des conversations, en toute liberté, de façon volontaire. Un tampon efficace est celui qui ne fait jamais l’objet du texte lui-même, mais est planté dans le décor comme un fait accompli, une réalité indiscutable.

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A VOIR: Doc vidéo

Partie 1: http://www.dailymotion.com/video/x9ad2k_comment-manipuler-lopinion-en-democ_news

Partie 2: http://www.dailymotion.com/video/x9adhc_comment-manipuler-lopinion-en-democ_news

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